Parentalité bienveillante : élever un enfant sans devenir fou

La parentalité bienveillante a souvent mauvaise presse. Pour certains, l’approche de parentalité bienveillante est responsable des « enfants-rois» ou des adultes mous et anxieux. Mais soyons honnêtes : si nos parents avaient eu la recette magique, on ne serait pas en train de googler « comment élever un enfant qui nous écoute, sans virer fou? ».

Alors, qu’est-ce que la parentalité bienveillante? Mais surtout, comment l’appliquer sans avoir l’impression que notre enfant de 4 ans est un redoutable avocat qui négocie une convention collective?

L’impression que certains ont parfois de la parentalité bienveillante

La parentalité bienveillante, c’est quoi ?

Aussi appelée éducation sécurisante, cette approche consiste à mettre des limites claires, tout en respectant les besoins et émotions de l’enfant. En gros, c’est une version améliorée du bon vieux « En tant que parent, c’est moi qui décide ! », mais on rajoute une pincée d’écoute et un soupçon de patience (ou un grand café, selon la journée).

L’approche de la parentalité bienveillante ou sécurisante est importante, car:

« Une relation parent-enfant caractérisée par l’empathie, le soutien et l’accompagnement est essentielle pour le développement du cerveau de l’enfant! » (Source : Mélanie Bilodeau, Soyez l’expert de votre tout-petit)

Bref, il ne s’agit pas de dire oui à tout (sinon, je ne connais pas beaucoup d’enfants qui mangeraient des légumes et plusieurs auraient de graves problèmes d’hygiène…), mais plutôt d’aider notre version miniature à reconnaître, comprendre et à gérer ses émotions.

Mais… ça ne fait pas des enfants capricieux ça ?

Ah, la fameuse question ! Non, la parentalité bienveillante ne consiste pas à élever un mini patron d’entreprise familiale en le laissant tout décider. Elle repose sur quelques principes clés :

  • Éduquer plutôt que punir : Parce qu’un enfant n’apprend pas à se calmer si on lui crie après ou qu’on le punit. (Imaginez votre boss vous lançant un « HEY ! ARRÊTE D’ÊTRE FRUSTRÉ! » quand vous apprenez que c’est Justine qui a eu le poste que vous vouliez. Pas super aidant, hein ?). Enseigner à l’enfant des stratégies de gestion d’émotions est plus efficace.
  • Poser un cadre clair et constant : Un enfant a besoin de repères. Les règles et routines deviennent alors vos meilleurs alliés. Si un soir, on autorise la tablette avant le dodo et que le lendemain c’est interdit, il va être aussi perdu que vous quand vos ados ont des comportements étranges en vous disant que c’est le nouveau trend TikTok.
  • Sécuriser sans surprotéger : L’enfant doit apprendre à gérer ses frustrations. Oui, il va pleurer parce que sa toast est coupée en triangles au lieu de carrés, mais c’est à ce moment-là qu’il apprend à traverser une émotion désagréable. (Et aussi que vous apprenez à ne plus jamais couper une toast n’importe comment!). Votre accompagnement est essentiel pour l’aider à traverser cette tempête émotionnelle, mais éviter toutes frustrations à notre enfant ne l’équipera pas pour faire face aux défis de la vie.
Contrairement à la croyance populaire, l’enfant ne décide pas de tout dans l’approche de la parentalité bienveillante ou sécurisante.

Comment appliquer la parentalité bienveillante ou sécurisante sans péter une coche ?

1. Accueillir les émotions… sans virer fou

Votre enfant fait la danse du bacon parce qu’il a mis son chandail à l’envers ? Plutôt que de dire « Ben voyons, c’est pas grave, arrête de pleurer pour ça! », essayez : « Ouin, je vois que ça te dérange. On le remet à l’endroit ensemble ? »

L’idée, ce n’est pas de céder, mais d’accompagner. Le cerveau est encore immature jusqu’à l’âge de 25 ans environ. Les débordements émotifs ne sont donc pas nécessairement une question de volonté, mais de capacités.

2. Le cadre, c’est non négociable (mais on peut donner des choix à l’intérieur du cadre)

« Non, tu peux pas manger des bonbons au déjeuner. Mais tu préfères manger des fraises ou une banane? »

Ça donne à l’enfant un semblant de contrôle… tout en restant dans vos balises. Un peu comme quand on vous demande « Préfères-tu travailler samedi ou dimanche ? » au lieu de « Tu dois travailler en fin de semaine ».

Le but n’est pas d’éviter les frustrations à l’enfant. Il doit pouvoir les apprivoiser. Il est important comme parent d’enseigner comment apprivoiser les émotions et passer au travers.

Apprendre à gérer ces émotions désagréables est une préparation pour les émotions plus importantes lorsque petit deviendra grand. Il doit avoir été exposé à ces émotions et avoir eu des solutions afin de pouvoir les gérer.

3. Accepter qu’on n’est pas parfait (et que c’est ben correct)

Les parents bienveillants ne sont pas des anges de la patience infinie comme la maman de Caillou! Oui, vous allez crier parfois. Oui, vous allez regretter d’avoir cédé pour la tablette. Mais l’important, c’est d’apprendre, de s’excuser quand il le faut et de continuer à faire de son mieux. Les parents aussi vivent des émotions!

Et on doit aussi se rappeler que ce sont des enfants, et qu’ils sont en apprentissage. Si je vous demande de faire un calcul d’actuaire et que je vous puni lorsque vous faites une erreur, parce que je me dis que de cette façon, vous allez comprendre et ne plus faire d’erreur, il y a de bonne chances vous évitiez tout ce qui touche aux maths ou que vous vous sentiez incompétent et anxieux.

La parentalité bienveillante, ce n’est pas une science exacte. C’est un mélange de structure, d’amour… et de café. Chaque enfant a des besoins différents et il n’existe pas de recette universelle pour tous. Et si, malgré tout, vous avez besoin d’une pause, sachez que même les plus grands experts se cachent parfois dans la salle de bain pour pleurer et manger du chocolat en cachette.

Tous les parents ont besoin de pauses à l’occasion…

Vous pouvez trouver des ressources professionnelles pour vous accompagner dans votre parentalité sur le site de l’Ordre des psychoéducateurs https://ordrepsed.qc.ca/ ou en communiquant avec la Clinique Brain Storm https://cliniquebrainstorm.com/.

Des ressources pour aller plus loin

Si vous souhaitez approfondir le sujet, voici quelques références intéressantes :

📚 Livres pour les parents

  • Parentalité bienveillante – Mélanie Bilodeau
  • Le Ti-Pou d’amérique – Sara Hamel
  • J’ai tout essayé ! – Isabelle Filliozat
  • Le cerveau de votre enfant – Daniel J. Siegel et Tina Payne Bryson
  • Apprendre à éduquer sans crier – Dr. Catherine Gueguen

📖 Livres jeunesse sur la gestion des émotions

  • La couleur des émotions – Anna Llenas
  • Les marées intérieures – Justine Laberge-Vaugeois
  • Les émotions expliquées aux enfants – Ariane Hébert
  • Ti-Pou est très fâché – Sara Hamel

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