Soyons réalistes : les écrans sont omniprésents. Téléphones, tablettes, ordinateurs, télévisions, consoles de jeux… il est devenu difficile d’y échapper. Mais lorsque le temps passé devant les écrans devient excessif, ce ne sont pas seulement les yeux fatigués ou le sommeil perturbé qui apparaissent. Les impacts s’étendent au développement de l’enfant, au climat familial, à la socialisation et même, à la santé mentale.

Les enfants et les écrans : ce qui change dans leur développement

Dès le plus jeune âge, l’exposition prolongée aux écrans peut ralentir l’acquisition du langage et affecter l’attention (INSPQ). Les recherches démontrent aussi que la surutilisation fragilise les fonctions exécutives, c’est-à-dire la capacité à contrôler ses émotions, à planifier et à se concentrer (Naître et grandir). Vous pouvez donc mieux comprendre les crises et comportements agressifs qui apparaissent suite à une longue période à jouer aux jeux vidéo!

Sur le plan du sommeil, les écrans retardent l’endormissement et diminuent la qualité du repos, particulièrement lorsqu’ils sont utilisés en soirée. La santé visuelle est également concernée : l’Association des optométristes du Québec indique que le jeu libre à l’extérieur réduit de 30 à 40 % la progression de la myopie, comparativement à un mode de vie davantage centré sur les écrans.

Dans la famille : quand l’équilibre est fragilisé

Les conflits autour des règles d’utilisation sont fréquents. Selon le Réseau réussite Montréal, 36 % des parents se sentent dépassés par la gestion du temps d’écran. À cela s’ajoute la « technoférence parentale », soit lorsque le parent consulte son téléphone en présence de l’enfant. La qualité des échanges s’en trouve diminuée, ce qui peut générer frustration et tensions. Avec le temps, les routines familiales (repas, devoirs, coucher…) deviennent plus difficiles à maintenir.

Socialisation : l’écran qui isole

Plus le temps passé devant un écran augmente, moins l’enfant s’engage dans des activités sociales réelles comme le jeu libre, les sports collectifs ou les discussions entre pairs. Ce manque d’occasions peut limiter le développement d’habiletés sociales essentielles, telles que la coopération, la gestion des conflits ou l’empathie.

Chez les enfants nouvellement arrivés au Québec, l’écran devient parfois un refuge. Toutefois, un usage excessif peut ralentir l’apprentissage de la langue et freiner l’intégration.

La santé mentale : un enjeu majeur

Les données de Statistique Québec établissent un lien entre l’utilisation excessive des écrans et une hausse des symptômes d’anxiété et de dépression, particulièrement chez les adolescents. Une étude de l’Université de Sherbrooke souligne également qu’à trois ans et demi, chaque heure d’écran supplémentaire est associée à une augmentation des crises de colère l’année suivante.

Chez les adolescents, les réseaux sociaux accentuent la comparaison sociale, ce qui fragilise l’estime de soi et l’image corporelle. Les effets somatiques sont aussi notables : maux de tête, douleurs dorsales et fatigue sont fréquemment rapportés par les jeunes qui sont de grands utilisateurs.

Que faire concrètement comme parent?

Voici des suggestions d’interventions :

Ressources utiles

En résumé, les écrans ne sont pas intrinsèquement néfastes, mais leur excès fragilise plusieurs aspects du développement et du quotidien. La clé se trouve dans l’équilibre : poser des limites claires, accompagner activement l’enfant et maintenir des moments de qualité en famille.


Sources