Dans une famille, il y a parfois des moments plus difficiles que d’autres. Une séparation, un déménagement, une maladie, l’intimidation à l’école… autant de situations qui peuvent ébranler la sécurité d’un enfant. Pourtant, plusieurs parviennent à traverser ces tempêtes et à retrouver un équilibre. C’est ce que l’on nomme la résilience.

Qu’est-ce que la résilience?

La résilience n’est pas une force mystique ou une absence de souffrance. Il s’agit plutôt de la capacité à s’adapter, à apprendre et à poursuivre son chemin après une difficulté. Chez les enfants, cette habileté se construit progressivement au fil des expériences, des relations significatives et du soutien offert par les adultes.

Ce n’est pas être “fort en tout temps”, mais apprendre à traverser des émotions ou des défis avec accompagnement et sécurité. Les pleurs, la colère ou l’anxiété ne sont pas des signes d’échec. Ils font partie du processus d’adaptation.

Pourquoi c’est si important?

Quand un enfant sent qu’il peut affronter et comprendre une difficulté, même avec l’aide d’un adulte, il développe un sentiment de sécurité intérieure, une plus grande confiance envers lui-même et une meilleure capacité à gérer ses émotions face aux aléas de la vie.

Un enfant peut faire preuve de résilience dans certaines situations et être plus vulnérable dans d’autres. Cela varie selon son âge, son tempérament, les défis rencontrés et les ressources disponibles autour de lui. La résilience, c’est la capacité de se relever après une épreuve, d’apprendre de ce qui arrive et, parfois, de sortir grandi de l’expérience. Comme le dit le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, pionnier du concept: «La résilience, c’est l’art de naviguer dans les torrents.».

La résilience ne signifie pas «ne pas réagir»

Contrairement à certaines croyances, un enfant résilient n’est pas un enfant qui ne pleure jamais, qui ne se fâche pas ou qui semble toujours fort. Les pleurs, la colère, la tristesse ou le repli sont des réactions normales, surtout chez les jeunes enfants dont le cerveau est encore en plein développement.

La résilience ne se manifeste donc pas par l’absence d’émotions, mais par la capacité, avec l’aide d’un adulte, à traverser ces émotions et à retrouver progressivement un équilibre.

Des défis réels vécus par les enfants

Certains enfants grandissent dans une vie plutôt stable, avec peu d’embûches. D’autres, dès leur plus jeune âge, doivent composer avec des changements et des défis qui bousculent leur quotidien. Un seul événement peut représenter un apprentissage important… mais quand les épreuves s’accumulent, l’adaptation devient beaucoup plus difficile.

Prenons quelques exemples:

Toutes ces réalités exigent une bonne dose de résilience. Retrouver un sentiment de sécurité et de confiance après de tels bouleversements n’est jamais automatique: c’est un processus qui se construit petit à petit.

Et la douance dans tout ça?

On croit parfois que les enfants doués, avec leurs grandes capacités intellectuelles, sont naturellement mieux outillés pour faire face aux défis. Pourtant, la réalité est plus nuancée. Une sensibilité accrue, une pensée en arborescence et une intensité émotionnelle peuvent rendre certaines situations encore plus difficiles à traverser.

Un déménagement, un rejet à l’école, une injustice vécue dans une relation… ces événements, qui paraissent «banals» aux yeux des adultes, peuvent être vécus comme de véritables bouleversements pour un enfant doué. Leur lucidité fait en sorte qu’ils comprennent très tôt la complexité des situations, mais sans toujours avoir la maturité émotionnelle pour y faire face.

La bonne nouvelle, c’est que ces mêmes caractéristiques peuvent aussi devenir des leviers puissants pour développer leur résilience. La créativité, la curiosité et la capacité à réfléchir autrement leur permettent souvent de trouver des solutions originales et de transformer leurs expériences en apprentissages riches.

Le rôle des parents et des intervenants est alors crucial: accueillir leur intensité au lieu de la minimiser, reconnaître leurs émotions profondes, et leur offrir des occasions concrètes de mettre à profit leurs forces. Avec cet accompagnement, la douance devient non pas un obstacle, mais un moteur supplémentaire de résilience.

Comment favoriser la résilience chez nos enfants?

Les adultes ne peuvent pas «fabriquer» la résilience chez un enfant. En revanche, ils jouent un rôle clé en créant des conditions favorables à son développement.La résilience se développe lorsque l’enfant vit des situations de défi soutenues par une présence sécurisante. Voici quelques leviers:

  1. Un lien sécurisant avec un adulte de confiance
    Même un seul adulte stable et bienveillant peut être un pilier pour l’enfant.
  2. Accueillir les émotions sans les minimiser
    Dire «Je comprends que ça soit difficile pour toi » aide l’enfant à mettre des mots sur ce qu’il ressent.
  3. Favoriser des routines et des repères stables
    Dans les périodes de changement, des structures rassurantes (repas, rituels, horaires prévisibles) offrent des points d’ancrage.
  4. Encourager la recherche de solutions
    Plutôt que d’imposer des réponses, poser des questions comme «Qu’est-ce qu’on pourrait essayer?» favorise la confiance et l’autonomie.
  5. Valoriser l’effort et les petites réussites
    Mettre l’accent sur les progrès plutôt que sur le résultat final renforce la confiance en soi.

Et si on voyait la résilience comme un muscle?

Chaque épreuve devient une occasion de renforcer un peu plus la résilience de nos enfants. Bien sûr, ce n’est jamais simple. Mais avec du soutien, de la constance et beaucoup d’amour, ils découvrent peu à peu qu’ils ont en eux la force nécessaire pour traverser les tempêtes. Et parfois, ce qu’ils en retirent, c’est une confiance profonde et durable en leur propre capacité à se relever.

On peut alors les comparer à ces fleurs qui, contre toute attente, parviennent à éclore à travers les fissures du béton: fragiles en apparence, mais d’une force étonnante.

Quand consulter ?

Chaque enfant évolue à son rythme, et certaines périodes peuvent être plus exigeantes que d’autres. Demander de l’aide ou du soutien professionnel fait également partie d’une démarche saine et aidante. Une consultation professionnelle peut être utile lorsque:

Consulter n’est pas un échec. C’est un moyen d’identifier ce dont l’enfant a besoin et d’outiller la famille pour mieux le soutenir.


Sources