Qui n’a jamais vu son enfant passer une heure à aiguiser ses crayons de couleur… au lieu de commencer ses devoirs? Ou un ado qui se dit « je vais juste regarder une vidéo TikTok avant d’étudier »… et trois heures plus tard, les cahiers sont encore fermés? Ou encore vous-même, occupé à faire le classement de vos vielles photos, plutôt que votre rapport d’impôt? Bienvenue dans le monde de la procrastination.

Et si je vous disais que ce n’est pas de la paresse?

Qu’est-ce que la procrastination?

La procrastination, c’est la tendance à remettre à plus tard une tâche qu’on trouve difficile, ennuyeuse ou anxiogène, pour faire quelque chose de plus agréable à la place, même si on sait que cela risque d’apporter du stress ou des conséquences négatives. Sur le moment, ça soulage… mais à long terme, ça amène davantage de culpabilité, de tensions et parfois, des conflits.

Comment la procrastination peut être perçue

Les formes de procrastination

La procrastination peut se manifester de différentes façons :

Les causes fréquentes

Derrière la procrastination, il y a souvent des besoins non comblés : besoin de compétence, de sécurité affective, de sens ou encore d’accompagnement dans l’organisation. Si on identifie le bon besoin, il sera alors plus facile de se mettre en action et trouver une solution.

Le rôle des fonctions exécutives

La procrastination est liée aux fonctions exécutives, ces « petites secrétaires du cerveau » qui gèrent l’organisation, la planification, la mémoire de travail et la gestion du temps. Le problème? Elles dépendent du cortex préfrontal, une partie du cerveau qui termine son développement seulement autour de 25 ans!

Donc, quand votre enfant dit « je vais le faire plus tard »… ce n’est pas nécessairement de la mauvaise volonté, mais souvent un réel dépassement ou une difficulté à structurer la tâche mentalement.

C’est cette partie du cerveau qui mature jusqu’à l’âge de 25 ans!

Troubles du neurodéveloppement et procrastination

La procrastination peut aussi être accentuée par certains profils :

Dans ces cas, la procrastination n’est pas un caprice, mais une conséquence directe du fonctionnement neurologique et émotionnel de l’enfant.

Douance et procrastination

Chez certaines personnes douées, la procrastination est fréquente :

Impacts à long terme

Comment aider un enfant qui procrastine?

Bonne nouvelle : ça se travaille!

La technique d’alternance

Quand demander de l’aide?

Si la procrastination est constante, qu’elle provoque beaucoup d’anxiété ou empêche l’enfant de fonctionner, consulter peut aider. Les psychoéducateurs, psychologues, orthopédagogues ou ergothérapeutes possèdent des stratégies pour soutenir les fonctions exécutives et adapter l’accompagnement.

La procrastination n’est pas de la paresse. C’est souvent un mélange d’immaturité développementale, de défis liés aux fonctions exécutives, de troubles du neurodéveloppement ou encore du besoin de sens, propre à la douance. Avec de la bienveillance, de l’encadrement et des outils concrets, on peut aider les jeunes (et les adultes!) à apprivoiser leurs tâches… une étape à la fois.


Sources: